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VERSO

2016

Photographie numérique

tirage numérique sur papier mat encadré par deux plaques de plexiglas

60 x 90 cm

Se montrer de dos, c’est disparaître partiellement. C’est renoncer au regard direct, s’extraire de son propre contrôle. Dans mon travail, j’ai toujours utilisé le miroir pour me voir, pour cadrer mon image, pour exister pleinement dans l’espace de la photographie. Mais le dos, lui, échappe à cette maîtrise. Il se dérobe. Il est un territoire inconnu, un angle mort.

Cette œuvre naît d’une remarque qui m’a marqué : l’absence de mon dos dans mes images. Comme un refus, ou une impossibilité. Ici, j’ai choisi d’inverser ce rapport, de capturer l’autre de dos, mon ami le plus proche, pour mieux interroger ce qui m’échappait. Mais je ne me suis pas arrêté là : j’ai voulu aller plus loin, en explorant le verso de la photographie elle-même.

Le dispositif joue sur une série de renversements. Le modèle est de dos, mais son reflet le montre à nouveau, un écho fragile de sa présence. L’image imprimée, elle, nous fait face par son verso, occultant ce que l’on attend normalement de voir. Ce jeu d’allers-retours entre le visible et l’invisible, le recto et le verso, interroge notre rapport à l’image et à la mémoire. Ce que nous croyons capter, posséder, nous échappe toujours en partie.

À travers cette mise en scène, je questionne mon propre rapport au corps dans l’image, ce que je choisis de donner à voir et ce qui m’est encore opaque. Peut-on vraiment se saisir entièrement dans une photographie ? Peut-on exister à la fois dans l’image et dans son envers ?

Ce travail est une tentative d’exploration, une confrontation douce avec l’inconnu de soi, un passage entre ce qui se montre et ce qui demeure caché.

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