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MASQUE (4/15)

2016

Photographie numérique

tirage numérique sur papier mat
contrecollé sur bois

80 x 60 cm

Dans cette série photographique, l’image du visage devient un terrain de jeu pour interroger l’identité et la perception de soi. En portant un masque photographique représentant mon propre visage, volontairement découpé de manière imparfaite, je crée une rupture dans la représentation traditionnelle du portrait. Ce masque, à la fois moi et autre que moi, vient se superposer à mon corps réel, créant un glissement, une distorsion, un mouvement figé dans l’instant.

Ce dispositif me permet de questionner la fixité de l’image et d’introduire une dynamique dans une photographie pourtant statique. Les limites entre l’apparence et la réalité s’estompent, laissant émerger une tension entre le visible et le caché, entre le cadre et ce qui en dépasse. L’œil du spectateur oscille entre reconnaissance et étrangeté, confronté à un visage à la fois familier et altéré.

Ce travail est aussi une réflexion intime sur mon identité franco-japonaise. L’usage du masque – élément récurrent dans de nombreuses cultures, notamment au Japon – fait écho à cette dualité, à cette construction identitaire mouvante où différentes influences coexistent et se recomposent. Le masque ne dissimule pas ici, il révèle autrement. Il ne fige pas, il met en mouvement. Il ne sépare pas, il superpose.

Par cette mise en scène minimaliste, je cherche à faire vaciller les repères, à transformer une image fixe en une présence vibrante, et à interroger la manière dont nous nous construisons à travers ce que nous montrons – ou dissimulons – aux autres.

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