top of page

CORPS FLOTTANT

2016

Deux photographies numériques

tirages numériques sur papier mat contrecollé sur dibond

150 x 100 cm

Une image projetée, un espace superposé. Dans ce travail, il s’agit de réunir deux lieux, deux temporalités : ma chambre au Japon, capturée lors de mon année de stage, se déploie sur les murs de mon appartement en France. Une coexistence fragile s’installe, où le familier et le lointain s’entrelacent, où les contours d’un espace intime viennent hanter un autre.

Le titre, Corps flottant, fait référence à ces petites tâches sombres qui dérivent dans notre champ de vision, traces résiduelles qui peuvent être oubliées ou devenir obsédantes. Ici, l’image projetée agit de la même manière : elle s’impose dans un nouvel espace tout en conservant une forme d’évanescence, comme un souvenir qui persiste, une empreinte mouvante qui trouble la perception.

Cette superposition interroge la manière dont nous habitons les lieux, physiquement et mentalement. Que reste-t-il d’un espace lorsque nous le quittons ? Peut-il encore exister ailleurs, dans une autre lumière, sur d’autres murs ? En projetant cette image, je cherche à rendre visible l’invisible : l’attachement aux lieux, la mémoire qui s’y attarde, la sensation d’être entre deux mondes sans jamais s’ancrer complètement dans l’un ou l’autre.

L’image devient un passage, une fenêtre ouverte sur une présence absente. Elle convoque la distance, la nostalgie, mais aussi la possibilité de recomposer son propre territoire, d’habiter plusieurs espaces en même temps, de rendre tangible ce qui, d’ordinaire, flotte dans notre esprit.

bottom of page